SCHISME DE1814, MYTHE OU RÉALITÉ

Plusieurs versions d’un même récit comme clé de l’énigme)

 

 

Je me suis laissé dire depuis mon dernier passage dans ton site que je traitais mes frères Douala de bêtes, de cancres et d’idiots. Au contraire ! Il est indiscutable que c’est ce peuple qui a donné au Cameroun ses premiers intellectuels, ses premiers pasteurs, ses premiers cadres et aussi ses premiers martyrs. De grâce ne nous perdons pas dans les problèmes de sémantique car, ont peut extrêmement être intelligent sans pour autant être à l’aise dans tous les domaines. Loin de moi alors les sentiments de jalousie et de haine envers mes frères Douala. Sinon, comment expliquer que je me réclame de la même origine qu’eux ? « Qui aime bien, châtie bien» aime-t-on souvent à dire. C’est pour cela que je m’offusque de leur manière d’écrire l’histoire de notre ville. Ce que j’entends par « mes frères Douala ignorent leur histoire », est qu’en voulant peindre l’histoire de cette ville en leur faveur, mes frères se sont éloignés de leur propre histoire et ont failli  par cette attitude perdre l’histoire de ce site Ô Combien importante pour notre pays.  Je suis désolé de me rendre compte que beaucoup de mes frère Douala sont comme formaté au point de ne pas accepté le débat contradictoire. Intellectuel que vous êtes, accordez-moi au moins le bénéfice du doute. Un petit effort et suivez-moi juste pour voir, si je me trompe dans mes Analyses. Merci d’avance.

 

Afin de ne pas nous disperser ce soir, recherchons l’histoire de notre ville sous le seul prisme du nom Douala.

 

Voyez- vous mes frères, le père fondateur du village Bodjongo s’appelait Ekakanga, pourtant, le nom de son village vient de son surnom Ekanga, le père des Koki s’appelait Koki, celui des malimba est connu sous le nom Elimbè, celui des Abôo s’appelait Bôo, celui des Bano s’appelait Mouno, celui des Mungo, Mungo. Par ce que  vrai, ceci ne peut se discuter. D’abord il se trouve que ces peuples se sont établis sur leur site en toute autonomie. Et indiscutablement les patronymes des villages dont-ils sont fondateurs d’une manière ou d’une autre, sont  liés à leurs noms ou surnoms.

 

Pour revenir aux berges du Wouri, personne ne peut nier que le nom Douala pose problème car, très éloigné du nom de l’homme qui serait à l’origine de sa naissance (Ewalè). Et les Douala expliquent cette disparité en ce que, lorsqu’Ewalè arrive avec ses troupes sur les berges du Wouri il baptise les embouchures du Wouri à son nom ‘’Ma du m’Ewalè’’ qui signifie en Douala, « embouchures d’Ewalè ». C’est là où le bas blesse car, cette thèse à dessein ou non écorche l’histoire Basaa. Car, pour que cet exploit soit réalisable, deux hypothèses se présentes à nous: soit les Basaa ne vivent pas sur les bords du Wouri, soit le groupe qui arrive, supérieur en nombre, aurait soumis le groupe trouvé sur place. Bien que certains chercheurs, pour accréditer cette thèse évaluent souvent cette communauté à une cinquantaine de pirogues1, des témoignages au sein même du groupe Douala mentionnent la présence Basaa sur les bords du Wouri au 18e siècle. Ce qui correspond à au moins, deux cents ans de cohabitation. Ce qui est curieux est qu’aucun historien Douala n’ose aborder véritablement ce pan très important du passé des berges du Wouri. Ce qui donne cours à plusieurs scénari.

 

-Iwiyè Kala Lobè : « Douala Manga Bell ; héros de la résistance Douala » Edition ABC.p 35

 

Certains avancent qu’après quelques années de cohabitation les Bonambèdi auraient délogé de force les Basaa de leur sol. A ce sujet Honoré Njime rapporte:

 

« L’ancêtre Ewal’a Mbèdi, au terme d’une migration périlleuse s’installe avec ses frères sur les rives des cours d’eau de l’estuaire. Il passe  des alliances politiques avec les Bakoko et les Bassa, et conquiert des terres.

 

Rusé, il privilégie l’installation sur le front de mer où les activités commerciales avec les Européens se développent. Il baptise l’embouchure du Wouri de son nom – Du l’ewalè, plus tard contracté en Douala-.

 

Son fils Moulobè, accentue cette politique de conquête. S’appuyant sur les positions territoriales déjà acquises,  il agrandit l’emprise spatiale initial, y compris par la force » 2.

 

2- Honoré Njime « Le defi ; Écrins de vie de Ngand’akwa », édition MINSI, p. 21

 

 

D’autres avancent qu’extenués par les mauvais traitements à eux infligés par les Bonambèdi, les Basaa auraient abandonné leurs terres pour l’intérieur des terres. A ce sujet, Douala Ndamè Mouasso dans un article du journal « Le petit Camerounais » de 1959, affirmait : 

 

« Le départ des Bassa des berges fut motivé par des raisons occultes, les Bodjongo leur infligeaient une frayeur mortelle par leurs rites nocturnes. Par conséquent, il fut signé une convention par laquelle les Bodjongo s’engageait à ne plus noyer les Bassa dans les eaux du Wouri hantées par les Mengu ».

 

Pour diluer les propos de Douala Ndamè Mouasso  René Gouellain rapporte :

 

« …Douala et Basa se querellèrent, s’accusant mutuellement de sorcellerie : quant un Basa mourait ils rendaient responsables les Douala et vice-versa » (1).

 

(1)- Réné Gouellain. « Douala, ville et histoire ». P. 72. Paris

 

Aujourd’hui, il est établi que les Bonambèdi qui s’installent sur les berges du Wouri ne dépassaient guère dix individus (femmes et enfants confondu). Et que le groupe Basaa qui arrive avait à sa tête 6 chefs de files familiaux qui s’installent premièrement sur les 3 trois plateaux qui surplombent le fleuve Wouri ; le Patriarche Bissou et le patriarche Bong occuperont l’actuel plateau Déido jusqu’à la rivière Mbanya ; le patriarche Kul et le patriarche Boum s’installeront sur l’actuel plateau Akwa ; le dernier plateau (actuel plateau Joss) sera occupé par le patriarche Longè (Bwamè) et le patriarche Saa. Plus tard, le patriarche Longè et le patriarche Saa abandonneront ce plateau au profit de la rive droite en laissant sur place leur protégés et fils. Par ces données il est clair que les berges du Wouri étaient fortement occupées par les Basaa. La thèse de l’expulsion de force est à écarter.  En attendant que les vous apporté la preuve du passé d’Ewalè sur les berges du Wouri, ce devancier étant, pour les Basaa, mort  sur l’île de Manoka, il ne pouvait baptiser une quelconque flaque sur les berges du Wouri. D’autre part, relevons ici qu’Ewalè n’a jamais été leader de ce groupe. L’histoire est clair la dessus ; au niveau de Piti Dibamba, Ewalè est un jeune homme à peine majeur. Pourtant, son grand frère Bodjongo est déjà un chef de famille. Et l’histoire relate que ce sont ces éléments (sujet) qui découvrent les Basaa lors d’une partie de pêche. Et de l’île de Manoka, c’est lui qui noue les relations d’amitié avec les Basaa. C’est d’ailleurs pour cela que sous la conduite de son fils Mapoka, sa famille est la première à s’installer sur les berges du Wouri ; au moins dix ans avant les Bonewalè. A ce sujet, Dika Akwa rapporte :

 

« ..La clé réside dans la révélation faite par les Bodjongo en 1952. Les premiers à avoir occupé le plateau qui porte leur nom à Douala et tend à être plus connu sous le nom de plateau Joss… » 1.

 

(1)-prince Dika Akwa : « les problèmes  de l’anthropologie  et de l’histoire Africaines »  p 74. Edition CLE, 1982

 

Il est donc clair que si les deux patriarches avaient vécu sur les berges du Wouri et qu’il y avait eu à baptiser une quelconque embouchure ici, c’est Bodjongo ou son fils Mapoka qui l’aurait fait en tant que chef de file de ce groupe.

 

Pour les sévices, relevons que les Bodjongo qui sont indexés ici ont quitté les berges du Wouri au 17e siècle, longtemps avant les lignages Basaa de ce plateau (les Ndokoti, les Bonadiwoto, Ngoma et les Lendi). D’autre part comment comprendre que les Basaa auraient attendu près de 300 ans pour se rendre compte de la difficulté à vivre au côté des Bonambèdi ? Le simple bon sens commande que soit les Basaa ont adopté les mœurs Bonambèdi ou alors les Bonambèdi ont adopté les leurs. Et c’est la dernière option qui semble plausible vu le nombre et la position dominante du groupe Basaa. Pourtant, c’est le contraire qui est diffusé aujourd’hui. Pour comprendre le degré d’aliénation de l’histoire des berges du Wouri je vous propose de psychanalyser ensemble différentes versions d’un même récit lié à ce qui est appelé aujourd’hui schisme.  J’attends de vous une analyse objective et impartiale.

 

            De peur que la version Basaa n’influence nos conclusions, nous proposons qu’elle se retrouve en fin d’étude. Une lecture minutieuse de ce récit va nous apporter des réponses quant à la naissance du Ngondo, l’identité de Ngando, jusqu’à la société qui gouvernait les berges du Wouri vers1815.

 

 

  

 

 

Version Douala (IBB) repris par René Bureau:

 

 

                                                           Autrefois Bonadoo et Bonabela étaient réunis. Il n’y avait pas de  palabre. La chèvre et son enfant ont mangé la même herbe. L’histoire que vous allez entendre a encore ses répercussions aujourd’hui. Quelquefois en marchant, les Douala avaient l’habitude de parler une langue étrangère. Mais les notables n’aimaient pas cette habitude. Quand Beri ba Doo prit le commandement de tout le pays, les notables organisèrent une réunion de toute la population. Tout le monde fut d’accord pour dire qu’il ne fallait plus parler cette langue étrangère dans la ville de Douala. au Kurungu : « Kurungu tu t’es habillé comme un guerrier. Et qui as-tu tué ? Tu dis que tu ne prends plus part à la société des Douala ». Et Beri ba Dôo était assis. Il entendit Ngandu à Kua chanter cette chanson. Il se fâcha car il comprenait le motif. Beri ba Dôo se fâcha contre Ngandu « Tu es là debout, comme ça tu es déjà un homme mort. Je te tue, moi moi Beri ba Dôo. Je te tue, je resterai dans la mer de Douala. Rien ne peut agir contre moi. Penses-tu que c’est parce que nous sommes de l’autre côté de la mer que tu peux parler ainsi ? Ngandu répondit : « j’ai un esclave comme toi chez moi. C’est un étranger né dans une famille d’esclave, un fils comme toi, qui n’est pas né dans la famille propre, un fils qui te ressemble… ». Beri ba Doo lui cria : « jure au nom de mon père Doo la Makongo et je te tuerai tout de suite. Je te répète encore : si tu jure au nom de mon père Doo la Makongo ma Ngane Njoh Mapoka, je te tue tout de suite… » Beri était assis sur un siège de fils. Il frappa des pieds par terre et répéta encore ce qu’il venait de dire. Ngandu ne dit rien. Les hommes âgés qui étaient  là virent que Bellè était trop fâché et ils commencèrent à le consoler : « notre père, asseyez vous, ne vous occupez pas de Ngandu car vous êtes supérieur à lui… » Beri reprit son calme. Ngandu à Kua chanta une chanson ; cette chanson est adressée Il se rassit. Ngandu se rassit aussi. Mais on lui dit de se taire dorénavant. Après la réunion, chacun se rendit chez lui. La conclusion de l’histoire est celle-ci : on ne doit plus entendre aucun Douala parler une langue étrangère dans la ville de Douala. Sauf lorsqu’un étranger vient rendre visite sans connaitre la langue Duala. Revenu chez lui Ngandu prit le tambour d’appel pour appeler tout ceux qui habitaient aux environs, de son côté du fleuve. Il leur demanda : «  avez-vous vu ce qui s’est passé entre moi et Beri ? » ils dirent oui. Il dit ensuite : « maintenant je divise la famille. Que tous ceux qui habitent de l’autre côté de la rivière s’appellent Bonanjô et nous autres, nous appellerons Bonakuo». A cette époque la rivière n’avait pas encore reçu le nom de Ngondo. Ngandu ajouta : « s’il y a une histoire de l’autre côté, nous n’irons pas. Si nous avons une affaire chez nous, nous la réglerons nous mêmes ». C’est à cette époque que se fit la séparation entre Bonadoo et Bonabela. Chacun partit chez soit. L’histoire fut répandue dans tout Douala. Beri organisa une grande réunion, dans une île là où il y a du bon sable. Beri ba Doo n’était pas là lui-même. C’est son fils qui était au pouvoir, Bebe à Beri. On chercha si Ngandu avait vraiment motif pour séparer la famille. Il fut reconnu qu’il avait tort. Beri se leva et il dit : « puisque Ngandu à Kua à déjà divisé la famille quelle le reste. On ne doit plus faire de réunion dans la ville. Il faut les faire ailleurs pour que les femmes ne puissent entendre. Le lieu choisi pour les réunions futures porta le nom de Ngondo

 

         Pour apprécier ce récit à sa juste valeur,  nous nous devons d’abord d’aller à la recherche de l’identité du groupe qui gouvernait les berges du Wouri à l’époque des faits. La résolution de cette énigme étant d’une importance capitale, la langue au centre du problème ici peut nous aider dans cette quête. Malheureusement, la version IBB est restée muette à son sujet. Ne se limitant pas à cela, certains passages de cette version ont même été tronqués. En voulant imposer ici la langue Douala, Belè ne se présente-t-il pas comme un défenseur de la société Douala ? Comment quelqu’un qui prône la langue dont la culture Douala peut-il être considérée comme celui qui ne veut plus faire partie du groupe Douala ? Ne trouvez-vous pas que la question, « tu dis que tu ne prends plus part à la société des Douala », de Ngando ne tient pas la route ? Preuve de sa falsification ?  C’est à ce moment que retrouver la langue ici au centre du problème devient capital.

 

Comme pour voler à notre secours, René Gouellain, plus explicite que René bureau dévoile, dans sa version à lui, l’identité de la langue au centre du litige. Il relève :

 

« C’est sous le commandement  de bellè ba Doo que les descendants de Kouo Mapoka rompirent avec les descendants de Njo Mapoka. Selon la tradition ‘’I.B.B.’’, ‘’ auparavant les Bonadoo et les Bonambela étaient ‘’une même chose’’. Mais un jour, on commença  de parler dans la tribu une langue étrangère, ‘’le basa’’. Les Akwa, en effet s’exprimaient entre eux en cette langue, obligeant les Bonadoo à faire autant quand ils s’adressaient à eux »1.

 

(1)- René Gouellain « Douala, ville et histoire » paris. P. 73

 

La langue au centre du problème ici serait donc le Basa ? Or, dans sa position de langue d’accueil, le Basa ne pouvait être taxé de langue étrangère sur les berges du Wouri, sauf pour les adeptes de la falsification. C’est le lieu de revenir sur la question de Ngando qui ne pouvait être posé qu’en ces termes : « tu dis que tu ne prends plus par à la société des Basa ?». Et là, le mobile du conflit s’expose de lui-même, expliquant les enjeux et les autres propos de Ngando. 

 

En disant alors, « j’ai un esclave comme toi chez moi. C’est un étranger né dans une famille d’esclave, un fils comme toi, qui n’est pas né dans la famille propre, un fils qui te ressemble… », Ngando ne fait-il pas allusion à la petite histoire qui entoura la gestation de Belè (connue de tous) et à l’origine Bonambèdi des Bonadôo ? En tenant ce genre de propos, Ngando ne fait-il pas référence ici à son appartenance au groupe Basaa dont Dôo fait lui aussi partie mais qui, au lendemain de son ascension au sommet de la hiérarchie sociale semble la renier en cherchant à imposer sa langue d’origine (étrangère) comme langue commerciale dans une société Basa ? Si Belè était donc Basaa d’adoption et Ngando, Basaa de souche, tous deux membres de la société Basaa, de quel schisme parle t’on ici en 1814 dont Ngando serait à l’origine ? Que les  adeptes de la falsification répondent à cette question. Que ceux qui mettent en doute mes dires quant à la réécriture de l’histoire du groupe Douala répondent. Car, il est clair ici que exploitant à fond sa position de leader du moment, c’est Belè qui, voulant changer la société Basa en société Bonambèdi, trouvera Ngando sur son chemin. Il était donc question en 1814, de la mise en quarantaine d’un apprenti despote et le retour à la normale  des choses. 

 

Relevons avec intérêt ici qu’en accord avec les coutumes Basa tout Nlolo (descendants d’étranger) à la troisième génération pouvait postuler à tous les postes de responsabilité du groupe. Chef de lignage Bonambèdi du plateau Joss, Dôô la Makongo était de la 4e génération et le plus âgé de ce plateau. Il devient donc le tout premier Basaa d’origine Bonambèdi à assumer cette fonction. Mais, il a des ambitions ; il veut contrôler toutes les berges du Wouri. Profitant de l’instabilité qui prévaut depuis la mort du Roi Mapota (Manoba), du soutient d’une fraction Bodjongo et de la complicité de quelques commerçants Européens, Dôô s’impose à la direction des berges du Wouri. Lorsque son fils lui succède, il suit les pas de son père. D’où sa mise en quarantaine.  Après lecture de la version Basaa, j’attends de vous des réactions objectives et sincères, seul gage d’une bonne réécriture de l’histoire de notre ville.

 

 

 

 Version Basa :

 

«…Voulant à tout prix imposer la langue Douala, alors proposée par les commerçants européens comme langue commerciale, Belè convoqua une réunion qui se tint au palais de son feu père. Après avoir exposé le but de la réunion, Ngando Kul (Ngand’Akwa) entonna une chanson en Basa sa langue, cette chanson était adressée au Kurungu : « Kurungu tu t’es habillé comme un guerrier, et qui as-tu tué ? Tu dis que tu ne prends plus part à la société des Basa ».

 

             En effet, Ngando remettait en cause la légitimité de Belè à commander toutes les berges du Wouri. Ce qui fut par ce dernier considéré comme un affront qui le courrouça au point qu’il menaça de mort, l’intrépide Ngando : 

 

           « Tu es là devant moi, tu es déjà un homme mort, je vais te tuer moi, moi, moi Belè ba Dôô et je resterai le seul maître du Wouri. Penses-tu que c’est parce que nous sommes de l’autre côté du fleuve (Bonaberi) que tu oses me parler ainsi ? Ngando répondit : « j’ai un esclave comme toi chez moi. C’est un étranger né dans une famille d’étrangers, un fils comme toi qui n’est pas né dans sa famille propre, un fils qui te ressemble ». Rouge de colère, Belè cria : «  jure que je ne suis pas né des œuvres de mon père. En tout majesté, Ngando répondit en le regardant droit dans les yeux : « je ne mâche pas mes mots ». Belè cria à nouveau : «  jure devant tout le monde ici que je ne suis pas un fils de mon père et je te tue tout de suite ». Se regardant les yeux grands ouverts, un calme de cimetière s’abattit dans la salle. Voyant que Ngando ne démord pas, Belè se rassit. Immédiatement Ngando sortit de la salle en tirant les pieds par derrière. Sitôt rentré chez lui, il convoqua tous les chefs de la rive gauche et les informa de sa décision irrévocable de circonscrire le règne de Belè sur la rive droite du Wouri. Du fait que Ngando Kul était soutenu par la majorité du peuple, les décisions par lui prises furent, sans aucune réserve, acceptées de tous.  À partir de ce jour, les administrés de Belè furent appelés Bonadôo. Quelques temps après, Belè convoqua une grande réunion de conciliation. Ngando Kul ne s’y présenta guère, Belè n’ayant pas retiré ses menaces de mort à son encontre, telle que prononcée au cours de la précédente assemblée.

 

           L’absence de Ngando Kul fit échouer cette assise. Les concertations prédominèrent et la sagesse semblait alors prendre le dessus, pour aboutir à la programmation d’une réunion concertée sur un site neutre indiqué par Ngando ; le site de Ngondo. Indisponible, Belè fut représenté par son fils Bebe. Mais, la réunion se solda par un échec car, Ngando campa sur sa décision » 1.

 

 


Article Ecrit par : EKWE Roger Mardochée (De Logbessous)

 

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01/02/2011
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